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La France veut un système d’authentification numérique sécurisé pour la pornographie

Selon vous, quels sont les sites qui génèrent le plus de trafic sur le Web ? Il serait facile d’imaginer Google, YouTube, Facebook ou Amazon dans le Top 15, mais probablement plus difficile de deviner que deux sites français sont également inclus.

Pour être plus précis, trois sites dédiés à la pornographie font partie des 15 sites les plus visités au monde : PornHub en septième place, XVideos en huitième place et XNXX en treizième place. Deux de ces sites pour adultes sont français, ils appartiennent à un certain Stéphane Pacaud. Selon le site SimilarWeb, rien qu’en mai 2019, XVideos a reçu un total de 3,2 milliards de visites, XNXX et Amazon, qui ont été au coude à coude avec 2,5 milliards de visites.

Mais les temps sont durs pour tous les géants de l’Internet, que ce soit dans le secteur de la recherche en ligne, le monde des médias sociaux ou l’industrie du porno. De nombreux États, notamment en Europe, ont décidé de prendre des mesures pour empêcher la prolifération des plateformes pour adultes et, surtout, pour protéger les mineurs.

A cet égard, Gregory Dorcel, PDG de la société de production de films pornographiques Marc Dorcel SA, a expliqué : « Bientôt ils ne seront plus considérés comme des hébergeurs, mais comme des éditeurs, la directive européenne qui le prévoit sera adoptée en France. Ils seront alors responsables de leur contenu »

Selon Dorcel, « En France, ils se pose également la question de l’identité numérique comme l’a fait l’UK et l’Australie« .

Liberté et respect de la confidentialité sur Internet oui, mais il ne faut pas oublier que l’anonymat est une arme à double tranchant, car il protège tous ceux qui diffusent des contenus haineux et permet la multiplication de faux comptes pour diffuser toutes sortes de contenus illicites.

Par ailleurs, il est impératif pour le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, que le pays adopte rapidement un système « d’identification numérique sécurisée des personnes physiques ou morales « , idéalement adapté au contexte français.

Cédric O, membre du cabinet d’Emmanuel Macron dans le gouvernement Ayrault, a récemment exprimé la volonté du gouvernement de trouver des solutions pour résoudre le problème de l’accès des jeunes à la pornographie, lors d’un discours à l’Assemblée nationale. Il imagine un système d’authentification non intrusif basé sur un support numérique qui permettrait de valider la majorité de l’utilisateur à l’entrée des sites pornographiques grâce à un lecteur de carte.

Dans son discours, il a dit : « Vous pouvez avoir des protocoles qui permettent, par exemple, de passer votre carte sur un lecteur juste pour savoir si vous êtes majeur ou non », mais sans révéler votre identité. Un tel outil serait  » extrêmement intéressant sur Internet « , selon lui, et « essentiel pour lutter contre l’accès des enfants et des adolescents à la pornographie « .

« La position du gouvernement est qu’il est hors de question que l’on demande aux gens de s’identifier par leur nom lorsqu’ils se connectent aux réseaux sociaux ou veulent jouer à des jeux vidéo en ligne. Ils doivent pouvoir le faire sous un pseudonyme, en sachant qu’ils ne sont jamais anonymes car derrière il y a une adresse IP et on peut aller les chercher. Ils sont traduits en justice lorsque cela est nécessaire « , a-t-il dit. L’administration Macron plaiderait pour une solution « facile et simple », et non pour un outil de surveillance.

En parallèle, elle prépare une charte pour la protection des mineurs contre les contenus pornographiques. Mais peut-on vraiment protéger techniquement l’accès aux sites pornographiques dans un contexte international et créer une exception française et britannique ou bien est-ce du temps perdu ?

Mentionnons au passage que la semaine dernière, les députés ont voté en première lecture un projet de loi de la députée LREM Laetitia Avia visant à lutter contre la haine, la violence, la discrimination, les insultes racistes ou religieuses et la pornographie sur Internet. Cette loi a été votée et promet d’assainir l’Internet en France après son adoption.

Cette mesure phare obligera les moteurs de recherche et autres plateformes Internet à retirer les contenus « manifestement » illégaux dans les 24 heures sous peine d’amendes pouvant atteindre 1,25 million d’euros. Mais cette loi fait déjà des grimaces, notamment du côté de l’Union de la presse indépendante d’information en ligne (en abrégé SPIIL) qui a demandé que la presse sorte du champ d’application de cette nouvelle loi.

La presse est, selon la CEDH, le chien de garde de la démocratie et peut légitimement rapporter des propos violents et haineux lors de ses enquêtes. Le SPIIL a considéré que la censure de ces contenus, par excès de bonnes intentions, serait une catastrophe pour notre capacité à discuter collectivement de nos problèmes sociaux.

Écrit par RatMasqué

Le RatMasqué est un francophone qui travaille dans le monde adulte depuis des années et explore, pour son activité professionnelle et pour vous, ces méandres afin de vous donner les dernières actualités...souvent croustillantes !

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